Narr - Oxymore dans la Chrysalide des Rêves

NARR
Oxymore dans la Chrysalide des Rêves

Autoproduction / Musea Records, 2008

 

 

Poète, quel est ton nom ? En cette présente chronique, tu porteras celui de Narr, univers musical initié par Clément Werner en novembre 2003 et qui a pris forme au fil des ans, élargissant son cercle magique, aboutissant ainsi à ce premier album doté d'un puissant charme. Et de magie, il en est ici question, pendant presque une heure nous sommes ensorcelés, déroutés par des compositions qui tiennent d'un rêve que l'on voudrait sans fin, lequel distille ses fragrances oniriques sur une écriture sensible et subtile. Est-ce que Narr possède l'alchimie du Temps ? Je répondrai par l'affirmative, ayant aperçu le troubadour en route vers des sonorités progressives plus proches de nos pendules que du Moyen Age. Les chants en français, jouant entre des tons plus ou moins élevés, ont cette allure d'un autre âge en communion avec ce qui finalement apparaît hors de tout repère temporel, hors de toute époque, réussissant le pari de la désorientation au sein d'un espace qui n'en demeure que plus beau. Guitares électriques et acoustiques, une batterie, charpente finement ciselée et articulée se dessinant en de poétiques expressions (des pastels qui parfois me rappellent les délicates pages de Hide & Seek); un sentiment de nostalgie et de force, d'authentiques émotions qui vont chercher loin leurs racines, une pluie dans un rayon de soleil sur une terre en détrempe d'âme pour une moisson à la fois mystique et terrestre, cela j'espère parlera à l'homme d'aujourd'hui s'il n'est pas déjà complètement mort... La mélodie, ces musiciens savent lui tisser de bien belles parures, terriblement attractives, à l'image des constructions des morceaux, dynamique de la Nature et harmonie des éléments (le couple flûte-batterie sur "La Lyre cornue pleure" pourrait en être un exemple), déroulant doucement leur émouvante partition dans les chrysalides de Narr. De "Zepter Des Narren" à "Ruisselle", pas une seule fausse note, cette réalisation a décidément tout d'une oeuvre majeure, peinte en Majuscule par un talentueux quatuor, et passer à côté serait une grossière erreur de votre part !

      Gasp

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