Chronique Le Silence des Ruines (EP)

LE SILENCE DES RUINES
Le Silence des Ruines
Marbre Negre, 2010

 

Des travaux de Nicolas F., on connaît Jörvallr, projet orchestral, folk et martial qui, après une présence remarquée sur diverses compilations, est apparu au côté de J Orphic le temps d'un split intitulé "Propaganda '900" (SkullLine Rec.). Toujours martial (mais axé davantage sur des ambiances portant un ciel bas et sombre), Le Silence des Ruines répand une brume froide et grise entre ces amoncellements de gravats, demeures effondrées et autres squelettes de cathédrales.
"La Mort Noire" ouvre son bal funèbre, une atmosphère pesante et austère qui dominera l'écoute, procession de souffrances où rôde parmi les corps des soldats tombés au champ d'honneur la menace d'une prochaine hécatombe. Si la trame se veut classique, hantée par une incontournable ornementation où choeurs, percussions et samples (raisonnablement dosés) jalonnent le terrible chemin qui conduit au front, les six compositions de cet EP n'en sont pas moins poignantes. Moments sévères et solennels, la mélancolie s'invite aussi sur "Le Chant du Souvenir", lente symphonie des désolations, silhouettes qui s'effacent dans les marécages de l'oubli et landes désespérées qu'absorbe le dark ambient hypnotique de "Retour au Front". Les 26 minutes de ce premier essai révèlent donc un paysage convaincant, et quand on sait que l'objet (édité à 100 exemplaires par le label catalan Marbre Negre) se présente à l'intérieur d'un livret cartonné au format A5, on ne peut que vouloir soutenir des débuts stimulants sous tous rapports et qui j'espère se verront confirmer par une réalisation plus longue.

      Gasp

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