Igniis - XVIII IV MMIX

IGNIIS
XVIII IV MMIX

Notariqon/Quartier23, 2009

 

 

Originaire d'Argentine, Igniis pratique un néofolk d'inspiration ésotérique et impose dès ce premier album une oeuvre accaparante qui devrait charmer plus d'un auditeur.
Se parant quelquefois d'une humeur assombrie, presque mélancolique, les compositions possèdent cette lumière intérieure qui ne le cèdent jamais à la tristesse, tel un oeil serti dans un écrin d'ambre et contemplant quelque mystère. Une force émane effectivement de ces chansons qui semblent poursuivre une quête, traçant les itinéraires secrets conduisant tous vers la signification de ce titre énigmatique.
C'est au dénommé GrM que l'on doit cette écriture travaillée, les orchestrations variées enrichissant l'ensemble, ainsi interviennent au côté de la guitare acoustique des instruments tels que l'ocarina, la quena (une sorte de flûte) ou le siku, une flûte de Pan andine sur "Tema 31". Des samples, quelques voix mystérieuses comme des ombres étranges jetées sur notre route et l'apport équilibré de sons électroniques étoffent l'alchimie, le ton se voulant parfois plus lyrique et enlevé ("Tema 25" par exemple), un jeu dynamique de percussions parachevant ce panorama où des énergies viennent à notre rencontre, nous entraînent dans l'aventure terrestre et mystique d'une musique en ignition.
Les vocaux en espagnol maintiennent une sensation de chaleur, jusqu'au surprenant "El Ajenjo (Artemisia Absinthium)" où une touche "electro" fait son apparition au début du morceau sans provoquer de dissonance avec le reste, Igniis sachant manier une "grammaire" sonore qui préserve toujours son style de la faute de goût.
Proposé à l'époque en libre téléchargement sur Notariqon (versant Netlabel désormais disparu de Quartier23 ), "XVIII IV MMIX" tient du poème magnétique qui sans jamais se départir d'une frange occulte n'en partage pas moins, à sa façon, ses rares trésors.

      Gasp