Gerostenkorp & Neon Rain - Io Non Ho Paura

GEROSTENKORP & NEONRAIN
Io Non Ho Paura

OPN Records, 2008

 

 

Projet dédié à l’oeuvre du cinéaste Dario Argento, à qui l’on doit en matière d’épouvante et de thriller (les gialli) quelques très bons films, "Io Non Ho Paura" est un diptyque partagé entre Gerostenkorp et Neonrain, celui-ci ouvrant le premier les portes maculées de sang de ce split (une précision, ne pas se fier à l’ordre inversé figurant au dos du sympathique boîtier au format DVD); un morceau, "Profondo Giallo", sur le fil du rasoir, la froide instrumentation synthétique de Serge Usson augmentant au fur et à mesure la pression, générant des nappes bruitistes sur une mélodie chargée de menaces et de pénombres où la peur guette sa proie. Les prémices d’une terreur qui se rapproche, se laisse deviner entre les lames d’une musique industrielle tirant entre l’ambient et des sonorités plus dures, telles ces fréquences hostiles emboîtant le pas à l’angoisse et s’acheminant en des rythmes hypnotiques, de ceux qui suivent au plus près les traces du tueur, lequel s’apprête d’un instant à l’autre à porter le coup fatal.
Le suspens se poursuit avec Gerostenkorp, son "Velluto Grigio" en appelant à un dark ambient évoquant une ambiance captivante dominée par le surnaturel; les silhouettes inquiétantes de Suspiria et Inferno sont là, voisines de notre effroi, des voix fantomatiques nous frôlent et tentent de nous enivrer pour mieux nous perdre dans nos propres cauchemars. Si l’atmosphère peut sembler moins étouffante que chez Neonrain, le mécanisme de la peur n’en est pas moins présent, il est davantage sournois, se raconte plus comme un rêve étrange où, quelque part dans une pièce de cette obscure et ancienne demeure, des puissances néfastes et terrifiantes écrivent les prochaines morts violentes de l’histoire...

Un bel hommage pour une carrière cinématographique en dents de scie, mais qu’importe, "Io Non Ho Paura" n’en retient que le meilleur, et c’est là tout ce qui compte !

      Gasp