Diaphane - Samdhya

DIAPHANE
Samdhya
Ant-Zen, 2010

 

D’une voie commune qui a mené l’auditeur, à travers six opus, vers de subtils paysages musicaux, les deux membres d’Ab Ovo ont choisi de faire route à part après "Mouvements", en 2007. Si Jérôme Chassagnard, en 2008, a fait paraître chez Hymen un premier album solo baptisé "(F)light", c’est au tour de Régis Baillet, avec Diaphane, de poursuivre un chemin intimiste, nouvelle balade sur les lointains qui s’arpège en nuances et fragiles scintillements. "Samdhya" ("crépuscule" en sanskrit), s’il ne surprendra pas ceux qui connaissent bien Ab Ovo (le style en étant très proche), ne décevra non plus personne.
Invitant à la contemplation d’une nature en apparence quasi immobile, mais où tout s’écrit et se dynamise à l’aune des architectures de l’infime, cette réalisation est une méditation poétique déployant ses discrètes émotions à l’heure suspendue d’un couchant électronique. Moirage se dégradant en finesse, une mélancolie distante n’en témoigne pas moins d’une réelle présence, mais à l’instar d’Ab Ovo, le mouvement insaisissable des choses se fond dans le haïku d’une atmosphère où en peu de mots, l’essentiel de l’âme est dit et s’associe à un autre cycle, redéterminant de nouveaux contours et formes. Les structures des compositions répondent parfaitement à cette fluidité; plus ou moins marquées par le rythme selon l’humeur (l’aérienne tension de "Platinium" par exemple ou encore "The Icefield") elles ne veulent pas se laisser saisir, nous nous les approprions sans les posséder, modulations d’ambiances au carrefour du vent, de la lumière et de l’eau sur les claviers de l’electronica, la magie opère sans jamais rien révéler de son secret, tout l’art de Diaphane est là.

      Gasp

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