Dernière Volonté - Le Feu Sacré

DERNIERE VOLONTE
Le Feu Sacré

Hau Ruck !/Tesco, 2001

 

 

Premier album de Dernière Volonté, "Le Feu Sacré" anime les ombres du passé sur un mur où sont gravés les noms des soldats tombés au front. La mémoire et l’honneur, ces anciennes photographies montrant des visages fiers, courageux, prêts à se battre… Voici une musique décrivant parfois les mouvements sévères d’une symphonie altière ("Ouverture", "Wake up !") ou peignant des paysages tenant de l’indus martial et de l’ambient, ces différents éléments pouvant s’associer au sein d’un même morceau. L’exercice du souvenir souffle sur une flamme enchâssée dans le marbre, feu perpétuel vacillant pour l’éternité au bord d’un océan roulant l’écho lointain des combats. D’austères percussions se font entendre sous un ciel bas, gris, où quelques croix bancales blesseront les chairs de l’horizon à l’heure du crépuscule. La voix de Geoffroy D. se tient plutôt en retrait, enveloppant çà et là ses contours d’une brume assez dense qui semble la faire provenir de la tombe ("Le Cœur ombre"). Et l’étiquette "pop-martiale" sur le dos de D.V. à cause justement de cette voix qui pourrait coller à un cadre "pop wave", sans que cela n’amoindrisse la portée des compositions. Certaines d’entre elles, comme "Nous maintenons notre Histoire", "Der zorn gottes" ou encore "Prêts pour la Mort" engendrent sous l’œil des baïonnettes un climat oppressant et magnétique où l’auditeur vient se perdre, hypnotisé par les pas d’un tambour que rien n’arrête. On pense aussi, de temps à autre, aux atmosphères de Der Blutharsch, mais l’artiste sait conserver sa propre personnalité, la touche Dernière Volonté est bel et bien là (les «mélodies» du soldat en partance de "Marche funèbre", "Les tambours" ou "Ami"), déjà en route pour le très bon "Les Blessures de l’Ombre", le deuxième opus (que votre serviteur a découvert et chroniqué avant "Le Feu Sacré").

      Gasp