Der Blutharsch - The Moment of Truth

DER BLUTHARSCH
The Moment of Truth

WKN / Tesco, 2004

 

 

Ce bel objet n'est pas le successeur de "Time is Thee Enemy !" mais la réédition sur un seul et même disque de compos' issues de réalisations antérieures. Les six premiers titres figuraient sur le MCD "Der Gott der Eisen wachsen ließ" (1999), les trois suivants sur le 10" "The Moment of Truth" (1998) et le dernier sur le 7" "Thank you !" (précisons pour celui-ci, limité à 66 copies, qu'il n'était pas destiné à être vendu mais distribué aux amis proches d'Albin Julius).

Le temps d'un bref retour en arrière, nous revisitons le style des débuts, celui qui surplombait les plaines obscures de "Der Sieg des Lichtes ist des Lebens Heil !" et "The Pleasures received in Pain"; l'empreinte du "trublion" autrichien, reconnaissable entre toutes, se construit et se développe ici en une suite d'atmosphères pesantes ou plus «ouvertes», percussives, où la facette du jeu martial s'exprime sur un versant davantage épique. Des samples, quelques bribes de choeurs profonds qui maintiennent ce relief presque "ésotérique", mystérieux et plus menaçants quand ils semblent provenir des archives sonores de l'Allemagne des années 30; entre «séquences» orchestrales et échantillons proposant un ressort plus «visuel», la voix d'Albin prend place çà et là, dans "l'armature" d'un son également bien identifiable, ce grain "organique" qui ne cherche pas à dissimuler la nature «technologique» de ses origines.
Sur "Thank you !", on peut entendre la voix de Douglas P. (Death In June) fredonnant au début; est-ce la boucle d'un hymne perdu qui se détache (presque étouffée) d'une trame ambient, ressac mourant qui referme un moment de vérité que ne bouderont sûrement pas les aficionados de DB.

Notons pour terminer que cette édition s'accompagne d'un mini-CD bonus où trois titres de DB (plus l'air de Lili Marleen) ont subi un remix des plus «synthétiques» en traversant les circuits d'un Commodore 64; un "ravalement" électronique et froid qui, même s'il est plutôt bien fait, ne s'avérait pas franchement nécessaire, les originaux étant tellement mieux !

      Gasp