Bain Wolfkind - Music for Lovers & Gangsters

BAIN WOLFKIND
Music for Lovers & Gangsters
Hau Ruck ! / Tesco, 2005

 

 

C’est après un 7’’ intitulé « Love Letters » que paraît ce «Music for Lovers and Gangsters» bien sympathique. Connu pour ses méfaits sous diverses appellations (Novo Homo, entre autres), figurant au line-up de Der Blutharsch depuis «Time is Thee Enemy», Bain Wolfkind nous balade ici dans quelque lieu interlope où les regards se croisent en dégainant… Une ambiance qui pourrait être celle d’un cabaret «old school», un de ces endroits chers au polar et au roman noir perdu au cœur d’un réseau urbain enfumé et terrassé par le clignotement des enseignes lumineuses. Une musique taillée pour l’image, invitant facilement l’auditeur à se représenter les mines patibulaires qui, entre un verre de whisky et une cigarette mourant sur le coin d’un cendrier, font vivre ces clichés cinématographiques en s’appuyant sur la suggestion et les atmosphères. Un tempo assez lent et la voix particulière de Bain Wolfkind, de laquelle se dégage une humeur sombre plutôt capiteuse, accompagnent dans leur ferme nonchalance un outil électronique discret et une guitare dont l’écho se perd parfois dans une larme de sang froid. Des mélodies accrocheuses soutiennent ce climat un peu tendu, à fleur de calibre ou de lame, où une certaine sensualité se fond dans la gestuelle ralentie d’une danseuse en tenue de pénombre. Des percussions appuyées de «I only get turned on when I get the Money out» à l’harmonica de « Black John », donnant là une petite coloration «western», que du bon, voire du très bon avec des titres comme «Pimp stick», au début, l’entêtant «Their Honeymoon won’t last» ou «Driving all Night» et son piano, pour ne citer qu’eux. Un album à découvrir, si vous n’avez pas peur de recevoir une balle perdue.

      Gasp

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