BABYLONE CHAOS / LAMBWOOL / LE DIKTAT

BABYLONE CHAOS / LAMBWOOL / LE DIKTAT
OPN Records, 2008

 

 

 

Une respiration, des pulsations... L'émergence des formes se joue sur les douleurs lancinantes de Babylone Chaos, transpiration grise des décombres industriels comme premier écho du partage à venir. Oui, le partage, la collaboration et l'affrontement sonore créatif entre trois sensibilités musicales : Lambwool, Le Diktat et Babylone Chaos. Ce dernier est le projet de Botchan Karisen, artiste autant prolifique que talentueux et dont l'actualité en cette année 2008 s'est déjà annoncée sous les couleurs d'un split avec HIV+. Notre homme entame donc l'écoute d'un objet où les influences s'associent, se frôlent, entonnent d'alchimiques formules le long d'un creuset rayonnant d'équilibre. Trois morceaux sur les dix que propose le CD où les musiciens expriment leur seul et unique reflet, dans les autres cas les visages marient des caractères et humeurs différents capables néanmoins de s'accorder en émotions et ambiances, de se compléter, de faire naître tout simplement ces parcelles de mondes que notre imagination utilise tels des tremplins vers des horizons inexplorés. Les paysages de Cyril L., alias Lambwool, se dévoilent sur une trame ambient et intimiste, sur "Hill" par exemple, outre la présence d'un piano, les claviers se voient parasités par les machines de Botchan, ligne hivernale percluse de tumeurs radioactives. Le Diktat, formé par Thomas P. & Benoît G., se déploie aussi sur les cités en déconstruction de l'indus et de l'électronique avec des mouvements de style pouvant aller, entre autres, du drum'n'bass au noise en passant par le hip hop. L'équation Diktat + Babylone C + Diktat mêle habilement ambiance vaguement lourde et menaçante à des rythmiques soutenues, manipulations synthétiques cassant et reformulant leurs squelettes pour l'instant acide d'un futur inhumain ("Black Wave", "Contagion"). Structures fouillées et manifestations probantes de l'équilibre dont je parle plus haut, le trait s'adapte avec subtilité aux "accidents" du terrain, à ses configurations inattendues et richesse de sa palette de sons ("Red Flag", le très beau "Afraid Of The City", entêtant et hypnotique, ces deux morceaux étant le fruit du Diktat et de Lambwool). Entre tonalités électroniques fauve-anthracites et déclinaisons en un front de neige brumeux davantage atmosphérique, l'expérience s'avère concluante d'un bout à l'autre, oeuvre captivante nous propulsant hors des sentiers battus à se procurer de toute urgence.

      Gasp

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