Babylone Chaos - Disloquer

BABYLONE CHAOS
Disloquer

Altsphere Production, 2004

 

 

Après l'excellent "Transmission 1.618", Babylone Chaos signe son retour d'un EP qui devrait laisser sur le cul tout amateur de musique industrielle et ambient. Moins sombre et torturé que son prédécesseur, "Disloquer" n'est quand même pas une promenade de santé, on déconseillera l'objet aux âmes sensibles et autres paranoïaques. Le sieur Botchan ne se contente pas de balancer les poncifs du genre, évitant les étiquettes, il éclate dans toutes les directions, sans toutefois quitter son espace sonore. On finirait par croire que ce type a des éclairs de génie, mais ça on ne lui dira qu'à l'heure de la retraite, il ne faudrait pas qu'il nous chope la grosse tête !
L'inquiétant titre éponyme, "Disloquer", lance la machine à broyer les cervelles, un mal insidieux qui ronge les hommes et le temps, musique toujours puissamment évocatrice. On reprend plus ou moins notre respiration sur "El otro", rencontre entre l'indus, des rythmes trip-hop et une guitare aux accents hispaniques, une composition d'une beauté hypnotique, d'une profondeur qui vous oblige à presser la touche "repeat" de votre télécommande. Sample de la voix de W.S. Burroughs qui hante "WsB, voices for…", sur fond de sonorité ambient indus angoissante, l'écrivain nous annoncerait la fin du monde qu'on le croirait volontiers. Seul morceau qui me laisse perplexe, "Chemical Noise II" et sa rythmique "dance" un peu gonflante, là je dois avouer que j'ai du mal à suivre. Heureusement, "War inside" et son indus sauvage vient remettre de l'ordre dans le chaos… ou plutôt du chaos dans l'ordre… Un moment apocalyptique comme je les aime qui clôt ce "Disloquer", lequel n'a pas fini de tourner dans ma platine.

      Brown Jenkin