Babylone Chaos - Transmission 1.618

BABYLONE CHAOS
Transmission 1.618

Autoproduction, 2003

 

 

Les bougres de Radio Massacre s'étant rendu compte de l'existence du Net et de la possibilité de surfer sans avoir besoin de se teindre en blond et de subir des séances d'U.V., ces bougres disais-je, ont découvert qu'à une époque où ils en étaient encore à chercher le bouton "power" de leur table de mixage, un groupe avait pris pour blase : Radio Massacre International. Et c'est ainsi que notre Radio Massacre à nous devint Babylone Chaos. C'est donc sous ce nouveau patronyme que ressort un album qui vit le jour en l'an 2000.

Babylone Chaos passe à la moulinette tout ce qui lui tombe sous la main : samples, voix, rythmes, sons divers et bruits variés sortis dont ne sait où ! Plus posé que ne pouvait l'être le délirant et révolté "Keen edge", ce "Transmission 1.618" nous projette dans un univers étrange, inquiétant et complexe. On pénètre cependant ce monde sans difficulté, belle performance quand il s'agit de musique industrielle, genre qui demande plus que tout autre un investissement important de l'auditeur. Les paysages tourmentés et angoissants que dessine Babylone Chaos ne sont cependant pas à soumettre aux personnes qui auraient les nerfs fragiles. "Transmission 1.618" semble avoir été écrit dans l'unique but de vous souffler l'ombre de la moindre illusion. Plus sombre que le plus sombre des univers cyberpunks, bande sonore pour une visite dans les champs de ruines de la métallurgie et de la haute technologie autant que déambulations parmi les amas d'ordures de la culture et des médias. Les sons rongent nos âmes, usent le temps, bousculent nos certitudes, relèguent vers le ridicule nos prétentions… Une visite qui nous met aux prises avec notre folie ; impossible alors de nous dépêtrer de ces tentacules âcres et rouillés qui poussent au bord de l'épuisement, kaléidoscope infernal suscitant le naufrage des couleurs. Une belle et grande réussite.

      Brown Jenkin