Allerseelen - Stirb und Werde

ALLERSEELEN
Stirb und Werde

Aorta, 1999

 

 

Une ouverture symphonique pour la lumière, "Licht" présente la scène de ce nouvel opéra mystique d'Allerseelen intitulé "Stirb und Werde", lequel rassemble des morceaux enregistrés entre 1989 et 1999. A nouveau, Kadmon s'adresse à l'auditeur sur le ton de ces motifs répétés qu'une palette de sonorités variées environne et enrichit. L'électro, l'indus et le dark ambient pour l'exercice d'un rituel ; symboles que l'on dessine sur notre peau alors qu'un spoken word égrène des mots écrits par le musicien autrichien ou bien par Friedrich Nietzsche. Un album souvent envoûtant et parfois sensuel, voire les deux ("Gletscherlicht", l'entêtant "Alle lust will ewigkeit" et sa voix féminine) ; l'embryon mélodique cultive çà et là l'instant sacré comme cette greffe de partition classique appliquée à "Winterschlaf", morceau précédant un "Feuervogel" dédié au rythme. Des sons plus agressifs peuplent aussi ces étranges paysages ("Feuertaufe" ou "Totenlohe", ce titre apparaissant sur "Cruor" [1994]) ; les énergies païennes nous cernent et nous visitent, se déversent dans notre âme et notre sang, nous les comprenons sans vraiment pouvoir les expliquer. Un voyage de 68 minutes que l'on pourrait comparer à une succession d'étapes abritant la promesse d'une renaissance ; entre le rêve et la célébration de quelque mythe s'établit une aura, un charme magnétique dévoilant une parcelle de la magie du monde. Saurons-nous apprécier la valeur de ces trésors occultes dissimulés dans les nombreuses pièces du sanctuaire d'Allerseelen.

      Gasp