Allerseelen - Hallstatt

ALLERSEELEN
Hallstatt

Aorta / Ahnstern, 2007

 

 

C'est une fois de plus fidèle à un style difficilement classable que Gerhard Petak, alias Kadmon, nous invite à partager son néofolk rituel et apocalyptique. Lancinante, mystérieuse, ou scandée d'une façon quasi martiale ("Der sehnsucht adlertrotz"), sa musique peut être perçue comme une forme de magie, soulignée par ces paroles qui ont tout du mantra hypnotique. Avec Allerseelen, il ne faut pas se fier aux apparences, les paysages sonores proposés sont beaucoup plus variés qu'il n'y paraît, prenons par exemple l'instrumental "Dunkelheit", oppressant et torturé, déliant des riffs de guitare électrique qui serpentent sous une eau sombre et venimeuse. Un rêve avec ses silhouettes tantôt apaisantes ou plus angoissantes et tourmentées ("Der himmel ist eingestürzt"), un folklore visité par l'inconscient collectif, le fantasme d'une Europe ancestrale où refont surface des rites sans âge, les ombres du passé qui laissent en offrande d'énigmatiques empreintes au pied des majestueuses montagnes… Ceux qui connaissent bien l'entité autrichienne ne seront pas surpris, ils sauront juste apprécier le talent que parvient toujours à déployer l'artiste autrichien, lequel délaisse ses spoken words sur l'entêtant "But a spark in the night" au profit de Robert N. Taylor (Changes). Pouvant parfois s'apparenter à une curiosité, à l'instar des crânes peints du village de Hallstatt, l'œuvre de Kadmon se tient sur les confins, là où les étiquettes deviennent inutiles, et ce n'est pas l'opus chroniqué ici qui, heureusement pour nous, changera la donne !

      Gasp