Allerseelen - Edelweiss

ALLERSEELEN
Edelweiss

Aorta / Ahnstern, 2005

 

 

Un album d’Allerseelen, c’est toujours la promesse d’un dépaysement, d’un voyage à travers une Europe où Kadmon l’enchanteur nous souffle d’étranges visions. "Edelweiss" n’échappe pas à la magie de cet art musical difficilement classable qui entraîne l’auditeur sur des chemins peu fréquentés. Subtil mariage de sonorités acoustiques (guitare, violon…) et d’éléments électroniques, les compositions ont souvent un caractère entêtant et emploient des tournures répétitives comme si elles voulaient s’ancrer à jamais dans nos têtes. Des contours mélodiques s’illustrent sur des phrases dites à demi-mot, entretenant parfois une vague nostalgie ou quelque effluve sensuel ; les voix aussi jouent un rôle important, du chant plutôt scandé de Kadmon sur, par exemple, "Ein ganzes jahr", à ces caresses vocales féminines que l’on peut entendre çà et là, pleines de charmes ("Caja de Pandora" ou "La despedida" et son piano mélancolique). De l’atmosphère envoûtante de "Nest" aux pas de danse très lents de "Vino e cuore" en passant par le ton plus froid et industriel de "Riflessioni", la touche flamenco du dynamique "Sturmlied" ou l’électro prenante de "Gletscherlicht" qui semble obéir à un rituel, c’est un seul et même univers que l’on parcourt, celui d’Allerseelen et de son néofolk indus décalé hanté par des bribes symphoniques, des mouvements d’accordéon et des cadences hypnotiques. Voici un curieux bouquet d’Edelweiss cueilli sur les montagnes d’Autriche, de Bavière, de Catalogne et d’Italie ; une déambulation étonnante et variée qui ne vous laissera sûrement pas indifférent.

      Gasp