Ab Ovo - Empreintes

AB OVO
Empreintes
Ant-Zen, 2005

 

Après "Le Temps suspendu…" en 2004, Ab Ovo revient sur les pas d'une nature en éveil roulant le murmure incessant de son théâtre infini. L'électronica des deux musiciens semble tendue sur une expression encore plus introvertie malgré ses rythmes évoluant au sein d'une constellation bruissante, vive, toujours en quête d'un autre son avec lequel elle enrichirait son environnement. "Deep", le deuxième titre, entame sa partition sur les reflets d'une mer étale qu'évoquent ces nappes crépusculaires faisant penser aux cordes trempées de brume d'un ensemble classique, puis, un silence… blancheur aveuglante précédant ces pulsations aux accents trip hop, terre de surprises et de rebondissements que celle d'Ab Ovo interdisant à l'auditeur toute stagnation. Sonorités industrielles et délicieuses notes de piano saisissantes de froid, trame ambiante importante enrichissant le contenu émotionnel, celui-ci découvrant de nouvelles galeries de l'âme où mille particules défendent l'architecture dynamique d'un réseau foisonnant. Activité nerveuse et soutenue de "Nocturlabe", voix fantomatique et chœur lointain, alchimie de la vie et de l'homme, stigmates de l'éternité sur chaque chose, célébration de l'espace et de l'infiniment petit. Richesse du dépouillement et beauté méditative, ainsi "Stella Maris" et ses instants tout en puissance et délicatesse, progression de "Descendance" sur un fond un peu abrasif jusqu'à une lumière nuancée remuée de nuages, pastel dérivant vers les piquantes saveurs peuplant "Les filles du vent", vagues recouvrant ces empreintes immémoriales, s'attardant en grésillements sur leurs contours et remontant les siècles pour goûter à leur mémoire d'érosion. N'attendez plus pour guider votre curiosité vers les toiles abstraites et pourtant si évocatrices de Régis Baillet et Jérôme Chassagnard, vous ne le regretterez pas.

      Gasp

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