Ab Ovo - Panorama 94-96

AB OVO
Panorama 94-96
Mehr Licht Prod., 1996

 

Premier album d'Ab Ovo, "Panorama 94-96" se présente davantage comme une anthologie traçant les grandes lignes de deux sensibilités unies en un même projet. Régis Baillet et Jérôme Chassagnard déploient ainsi leur créativité où résonnent déjà les principales tendances des opus à venir. "Mnémosyne" ouvre la marche sur une tonalité ambiante rongée par des grésillements, lesquels vont céder leur place à des rythmes électro minimalistes. Un démarrage froid et spatial avant le très beau "The sky horses", orné par les discrets propos d'une nostalgie palpable. Ainsi vont les paysages d'une réalisation mettant le doigt sur l'âme et les émotions tout comme sur des surfaces évoquant les reliefs dissimulés d'une technologie distante. L'œil de la machine nous piège sur "Eldolon", sournois, scrutateur et insistant ; les tintements électronica de "Aither" se parent de voiles atmosphériques, ceux-ci viennent avec la grâce de l'aurore boréale, rejoints par quelques notes de piano. Les climats se rencontrent et s'apprivoisent, hissent leurs textures en mariant les couleurs et cultivent un grain propre. "L'architecture secrète" révèle un penchant dark orchestral classique mais séduisant ; parmi les autres surprises "L'appel du froid" s'étire sur les errances hivernales d'un archet en quête d'étendue, enfantant une touchante pâleur à l'expression troublée. Les dix titres de cet objet sont autant de facettes, chacune d'elle narrant une histoire ; sobres constructions électroniques s'apparentant à un travail d'esquisses et développements d'ambiances ne refusant pas à la mélodie un droit de parole élevant l'abstraction vers les chemins du cœur, ainsi (entre autres) les ombres mystiques d'"Arimathie's rain", le dernier titre. Un panorama remuant l'écho de nombreuses promesses, écho profond et sincère qui ne mentira pas à nos attentes.

      Gasp

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