Chronique Irfan (premier album)

IRFAN
Irfan

Prikosnovénie, 2003

 


Un joyau supplémentaire chez Prikosnovénie. Oui, cet album est effectivement un pur délice. La formation bulgare puise au cœur d’immémoriales richesses afin de nous transporter, de chavirer notre âme, et de nous faire frissonner.
Découvert sur la compilation du label,  Fairy World N°1 , avec le morceau « Otkrovenie », nous entamons ici un voyage en mysticisme, servi par la voix remarquable de Denitza Seraphimova qui semble toucher au non-révélé, à l’essence des êtres et des choses. Folklore, philosophie, brassage culturel ; le mont Balkan raconte son histoire à travers ces musiciens. Percussions, guitares, instrumentation traditionnelle variée, le groupe propose une coloration sonore à l’aune de la profondeur qu’il souhaite instaurer chez l’auditeur. Les ambiances monastiques, sacrées, transcendées par l’impressionnant travail vocal (masculin et féminin), réservent les effets d’une liqueur rare, promesse de visions magiques, simplement envoûtantes. De l’heavenly voice ethnique aux tonalités sombres qui hantent les épaisses forêts aussi bien que la voûte céleste ; prière du treizième siècle (« Gospodi pomiliu ») face à une modernité à la chair grisâtre et insipide qui sans doute n’y comprendra rien…
Les fans de Dead Can Dance et de Rajna apprécieront sûrement, j’invite tous les autres à vivre l’expérience que les membres talentueux d’Irfan délivrent en intensité des Rhodopes jusqu’à la mer Noire.

      Gasp