Brighter Death Now - Necrose Evangelicum

BRIGHTER DEATH NOW
Necrose Evangelicum
Cold Meat Industry, 1995



Quel rituel innommable hante les étouffants dédales de cet album ? Au carrefour du death industrial et du dark ambient, Roger Karmanik a enfanté "Necrose Evangelicum". Nous sommes en Enfer, il n'y a pas de doute… Les voix des damnés enflent en échos monstrueux sous les voûtes des cathédrales infernales, labyrinthe infini de cavernes, ventres de pierre titanesques projetant des masses sonores lourdes et grondantes, lesquelles sont parfois visitées par une cérémonie bruitiste de lames rouillées stridentes et cruelles. Un paysage apocalyptique oppressant, cauchemardesque et hypnotique où nappes assourdissantes et distorsions vocales échouent sur le battement d'un cœur privé de sang…
Une transpiration malsaine colle aux six titres de cet opus privilégiant la noirceur des atmosphères aux déflagrations harsch-indus d'un
"Innerwar" par exemple. La violence n'en demeure pas moins présente, telle une colonie de vipères investissant notre inconscient en reptations maladives. Le titre éponyme, celui qui ferme la marche, délivre une ténébreuse symphonie, le genre de composition à savourer dans une crypte, en compagnie de quelques momies… Pourquoi pas ?
Brighter Death Now n'existe pas pour évoquer l'espoir ou célébrer la vie, il s'agirait plutôt des intimes confidences de la Mort, chuchotements sournois s'agrippant aux oreilles de l'humanité depuis des millénaires.

      Gasp