Barbarossa Umtrunk & Pale Roses - La Clairière des Eaux Mortes

BARBAROSSA UMTRUNK & PALE ROSES
La Clairière des Eaux Mortes

Old Europa Cafe, 2013

 


Auteur de romans et nouvelles imprégnés de fantastique, Raoul de Warren (1905-1992) fut aussi historien et juriste. "La Clairière des Eaux Mortes" est le titre de l'une de ses oeuvres, il sonne comme une invitation nourrie de présages et dévoile deux routes qui conduisent à ce même marécage maudit.
Le Baron Von S. (Barbarossa Umtrunk) et Arnaud Spitz (Pale Roses) ont eu l'intéressante idée d'unir leur style pour insuffler une âme toute particulière, nouée à un écheveau de mystères, à ce split rendant hommage à l'écrivain et arborant au final un rendu très cohérent.
Les brumes se déchirent lentement sur un pur moment incantatoire; Dru-Wid Sagos (alias Marc-Louis Questin, qui a déjà collaboré avec BU) égrenne des paroles ésotériques qu'émaillent de brèves et sévères percussions. Le ton est donné, la magie unira les compositions de l'album, et si les prenantes orchestrations rituelles de BU ne rencontrent pas d'échos stylistiques chez Pale Roses, lequel officie sur les arpèges d'une néofolk dépouillée, ce dernier n'en parvient pas moins à nous faire ressentir clairement cette "charge" mystique.
Si j'ai trouvé "Have You Been Here Before" un peu trop ténu et «monocorde» à mon goût, la mélodie lancinante de "La Chapelle Des Marais", le piano et le "doublage" de la voix sur le délicieux poison du "Village Assassin", le non moins entêtant "Gates Of Hell" et "La Nativité Julienne" qui a des allures de chanson que l'on pourrait chanter au coin du feu pour des enfants qui n'ont pas peur du noir forment un bel ensemble, Arnaud Spitz y invitant le français sur trois morceaux.

Du côté de Barbarossa Umtrunk, nous sommes toujours transportés vers d'autres dimensions; le Baron Von S. fait mouche, l'envergure de sa narration nous met en lieu et place d'un contexte unique soutenu sur la plupart des compositions par le charisme prophétique de Marc-Louis Questin. Outre "Le Pays Perdu" (le titre d'ouverture) évoqué plus haut, "Gwer Nemeton" avec ses voix d'enfants ou "Cantlon Vindoseni", lequel intègre batterie et guitare électrique avec savoir-faire, prouvent que BU est loin de s'endormir sur les lauriers d'une alchimie constamment renouvelée.
Courbes symphoniques, percussions (tribales ou martiales), samples, sonorités cuivrées pour les prémices d'une chasse sauvage ("A l'Ombre Des 7 Cromlechs"), c'est BU qui referme l'écoute avec "Les Chevaliers De L'Apocalypse" et "La Grande Courtisane", morceaux se complétant dans un climat étrangement calme et apaisant de fin des temps, suscitant des images de destruction et de renaissance, comme si les réminiscences de ces "eaux-mortes" contenaient dans la vision furtive de leurs remous la clé de notre effondrement.

       Gasp

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