Barbarossa Umtrunk / Le Revers Sanglant - L'Age Noir

BARBAROSSA UMTRUNK / LE REVERS SANGLANT
L'Age Noir
SkullLine, 2015

 

 

Nouveau split pour Barbarossa Umtrunk, cette fois avec le projet indus-martial Le Revers Sanglant, et davantage un exercice de relecture pour BU (à l'exception d'un titre) qu'un déploiement de forces neuves. Il est pourtant bien agréable de retrouver les atmosphères uniques de "Wolfen", "Fallen Moons" et "Winter's Reign" à travers des versions un peu remaniées, les connexions nerveuses de ces compositions en ressortant avec une empreinte toujours aussi prégnantes. Trame ésotérique en un fondu apocalyptique, spoken words sibyllins, orchestrations martiales pour la symphonie d'un monde qui en appelle à ses forces régénératrices, les partitions écrites par le Baron Von S. éclairent ici notre imaginaire de mille feux !
"Ecoterrorist" est une reprise de 6th Comm, il laisse émerger une coloration tribale que soulignent des percussions après les paroles prophétiques et sévères égrénées par le Baron; courants magnétiques et rituels, ceux-ci adoptent les voies de la transition vers "La Dernière Doctrine", morceau inédit dont la tonalité initiatique devrait vous hypnotiser lentement...

Le Revers Sanglant est une entité qui, comme je l'écrivais plus haut, évolue dans un registre indus-martial. Mené par Syphilis, le projet ne m'est pas inconnu puisque une première K7 démo en 2008 à laquelle a succédé un deuxième essai intitulé "Un Combat perdu d'avance" sont déjà passés sous les outils du chroniqueur... Si je me base sur ces deux réalisations (en 2013, "Le Sang", album que je n'ai pas eu l'occasion d'écouter voyait le jour), je n'ai pas le sentiment que les troupes guidées par le musicien ont conquis beaucoup de territoire... Je m'explique : les bonnes intentions sont toujours bel et bien là mais à aucun moment ça ne décolle vraiment. Nappes indus froides et grisonnantes sans réel relief, percussions plus ou moins en retrait, socle militaro-orchestral qui peine à convaincre et à faire naître quelques frissons et voix manquant d'assise et de fermeté dont le brouillard piquant qui la recouvre se veut trop faible pour masquer ces défauts...
On sent bien parfois que ce n'est pas loin de prendre une autre tournure comme sur "L'Ordre Noir", titre mieux ficelé, ou "Lucifer", où l'agencement des éléments sonores apporte des saveurs un peu plus stimulantes, mais l'impression générale qui domine reflète l'image d'un aigle se refusant à prendre son envol, à briser de son envergure ce carcan qui, je l'espère, ne constitue qu'un frein temporaire au réel talent du sieur Syphilis...
Des impressions partagées donc pour ce split qui s'achève par un remix de "Winter's Reign" réalisé par Nuclear Nation, artiste officiant dans les musiques électroniques.

       Gasp