Barbarossa Umtrunk / Front Sonore - Apokatastasis

BARBAROSSA UMTRUNK / FRONT SONORE
Apokatastasis

SkullLine Records, 2012

 


Barbarossa Umtrunk et Front Sonore avaient déjà rassemblé leur talent sur "Le Siècle des Grands Abattoirs" paru en 2009, "Apokatastasis" s'applique à resserrer le lien le temps d'un nouveau split nourri par des visions obscures et un climat global apocalyptique.
Front Sonore nous invite à la plus stricte discrétion afin de ne pas perturber l'office chamanique qui semble se dérouler sur "Mahapralaya", le titre d'ouverture; bref sentiment de recueillement précédant un "Al Maul Li Israel" martial et menaçant où se dessine dans un mirage de feu la promesse d'une levée d'armes...
Le Baron Von S. emboîte le pas à Julien avec une relecture de "A Travers l'Europe" de Sinweldi (voir l'album "L'Homme au Coeur de Fer" ); on retrouve l'atmosphère oppressante de l'original, affermit par la touche de BU qui étend les miasmes d'un brouillard cauchemardesque duquel s'échappent les voix et les grésillements de "Marmara Turc" (Front Sonore), samples se posant sur la trame lointaine d'une étoffe ambiante indistincte et mystérieuse.

Barbarossa Umtrunk, on le sait, a un don tout particulier pour forger des compositions ésotériques convaincantes donnant véritablement l'impression d'assister à un rituel; "Tango à Kali" ne déroge pas à la règle avec ses spoken words et cette tension omniprésente jetant un pont vers les ombres de Front Sonore... "Shadows" résume bien l'aspect dark industriel du bunker patiemment construit par Julien; étouffement, claustrophobie, les sons du béton et de l'acier perdus sous les décombres des cités en guerre...
La "ligne" ambient plutôt minimaliste que nous propose BU pour "Le Lion du Désert" accueille un échantillon vocal de l'homme politique vénézuélien Hugo Chavez; un peu plus loin, "Dans les Entrailles de Moloch" (toujours BU), c'est au tour de Charles de Gaulle de prêter sa voix, le temps d'une réflexion éclairée sur le sionisme.
Le rythme lancinant et le choeur désincarné de "The Fall" nous montrent que Front Sonore sait aussi jouer sa carte rituelle et mystique, alors que BU en rajoute en pression avec "Dystopia" dont on remarquera ce passage où survient une orchestration "guerrière" digne d'un moment de cinéma épique (il ne faut pas oublier qu'un autre point fort de BU est sa capacité à rendre sa musique "visuelle").

Si l'écoute de l'album se poursuit en terrain connu, "Apokatastasis" n'en demeure pas moins un objet de qualité qui devrait plaire aux amateurs, pièce au parfum quelquefois sulfureux qui s'achève par une reprise de "C'est un Rêve", le Coeur noir chanté par Death In June n'en finissant pas de battre sur ces fronts où la volonté d'être entendu meurt dans les geôles de la prétendue liberté d'expression.

      Gasp

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