Backworld - Of Silver Sleep

BACKWORLD
Of Silver Sleep
Harbinger House/World Serpent, 2001

 


Voici un album tout en émotions et sensibilité. Les compositions de l'Américain Joseph Budenholzer me font penser aux pages d'un conte ressuscitant l'étrange proximité du souffle païen et d'un mysticisme chrétien. Des mots et des notes s'accrochent à l'éternité après une traversée de l'éphémère… J'ai découvert Backworld avec cet opus ; les nombreuses critiques positives que j'ai pu lire concernant la formation, surtout à propos de "Isles of the Blest" (1998), m'ont invité à pousser l'oreille vers la dark-folk de "Of Silver Sleep". Parviendrai-je à dire comment chaque mélodie, chaque subtilité de l'œuvre peut parvenir, sous l'apparence de la simplicité, à toucher droit au cœur ? Le chant de Joseph Budenholzer s'accorde parfaitement à la profonde mélancolie habitant la plupart des titres. Les instruments mènent leur rythme automnal d'arbres sans âge ; guitare acoustique, violon, percussions, violoncelle, quelques notes de piano… Ils s'agrippent tel un lierre à l'écorce des sentiments et s'abreuvent de cette vague douleur qui lentement nous submerge. Une discrète voix féminine, comme sur "The Tide", rejoint parfois l'agencement délicat des chansons. La "touche outre-Atlantique" de Backworld, que je ne saurai pas vraiment définir, l'éloigne un peu de la dark-folk de notre vieille Europe ; cela-dit, la qualité et l'âme ne font pas défaut et une écoute attentive ne peut que témoigner de leur présence. "Gospel of Mary", "A Place in Heaven", "A Sheperd's Tale" ou "Lullaby Land" révèlent d'incontournables beautés amères, l'histoire s'achevant avec un instrumental, trace exprimant la quintessence des dix empreintes qui la précèdent.

      Gasp